EUROPE 2007 : OBJECTIF SUD !

 

A l’heure où notre Europe commémore le 50ème anniversaire de sa naissance, il est bon de rappeler les principes de notre union dans la ligne de ses Pères Fondateurs :

-         Europe politique,

-         Europe culturelle,

-         Europe de la Liberté,

et aussi marché commun, sans oublier une politique agricole commune (après le charbon et l’acier de la CECA).

Depuis 1957, la dimension économique et financière s’est développée considérablement. Le Marché commun est devenu un « libre marché » ouvert sur le reste du monde.

L’Europe culturelle s’est largement dissoute dans le creuset anglo-saxon.

L’Europe politique s’est engourdie.

L’Europe de la Liberté a triomphé avec la disparition de l’Union Soviétique – et donc la réunification de l’Europe.

Ainsi, si donc tout n’est pas parfait, qui peut nier un bilan positif, ne serait-ce que par l’existence même, 50 ans après, de notre vieille Europe qui a su conserver sa place dans la monde ?

 

Aujourd’hui, donc, sans nier une certaine paralysie politique consécutive à un excès d’économisme et de libéralisme symbolisé par le prétendu Traité constitutionnel, il faut rappeler nos « fondamentaux » et regarder résolument vers le sud !

En effet, si, il y a 50 ans, après la répression de Budapest, la Paix passait par la résistance à l’Union Soviétique, aujourd’hui, chacun le sait,  elle passe par un partenariat pacifié avec l’est et le sud de la Méditerranée.

 Pour ce faire, il faut :

-         renforcer politiquement notre Union Européenne,

-         aider à la création de structures entre des pays du sud et de l’est méditerranéen,

-         négocier entre l’Union Européenne et ces structures un vaste accord basé sur :

            -   un grand marché régulé et garant du développement de chacun,

                  -   un Accord de sécurité et de stabilité communes,

-         une charte de Droits Fondamentaux euro-méditerranéens, respectueuse de nos diversités.

-         (D’où d’ailleurs, pour la Turquie, un choix entre un rôle aux marges de l’Union Européenne, et un rôle central au Moyen Orient, rôle majeur dans l’ensemble euro-méditerranéen.)

Oui l’Europe doit aujourd’hui regarder en direction de ses sources, d’où est venue sa civilisation, et là où pourraient survenir des périls mortels si elle n’assure pas les conditions d’un développement équilibré.

 

50 ans après l’acte fondateur de la construction européenne, en se saisissant de cet enjeu, l’Europe assurera son avenir, s’obligera à se dépasser, et s’imposera de se trouver des structures démocratiques politiques et culturelles modernes.

 

                                  ______________________________________

 

 

 

Né en 1945, européen dès mon enfance par goût de la liberté et envie de conserver nos racines et notre Histoire,

 inquiet en 1956, lors de la désastreuse expédition de Suez, de nous voir sous le contrôle des puissances mondiales de l’époque,

député européen à partir de 1989, époque où l’Europe s’imposera comme seule alternative au monopole américain,

impliqué dans les politiques Nord-sud et dans nos travaux avec la Turquie, avec Chypre et surtout avec le Moyen Orient où j’ai présidé la délégation Europe-Israël,

je suis à un stade de ma vie où au nom de l’avenir de nos enfants, j’ai trouvé, en regardant le sud, matière à ressourcer ma foi européenne quelque peu malmenée par une vision marchande libérale et financière qui laisse trop peu de place au cœur et à l’humain .

 

Gérard CAUDRON

Député européen

de 1989 à 2004