G. Caudron : « La France a sa place en Afghanistan »
Nord Éclair Samedi 6 septembre 2008

Les associations d'anciens combattants et la municipalité de Villeneuve d'Ascq organisent, demain matin, un hommage aux dix soldats tués en Afghanistan. À l'heure des polémiques, le maire divers gauche Gérard Caudron exprime son soutien aux forces françaises engagées à l'étranger.

Pourquoi organiser cette cérémonie à Villeneuve d'Ascq et pourquoi trois semaines après les faits ? >> En fait, cette manifestation est à l'image de la ville. L'initiative vient des anciens combattants villeneuvois qui nous ont contactés pour que soit organisée une manifestion en hommage aux soldats tués en Afghanistan. La Municipalité a pour habitude d'accompagner ce genre de demande. Ainsi, la messe (en l'église du Sacré-Coeur de Flers à 9 h 30, ndlr) c'est eux, le dépôt de gerbe au monument aux morts (à 11 h 15, ndlr) c'est nous. C'est un moment de recueillement pour rappeler que, sur différents théâtres d'opérations, des soldats représentent la France. S'il s'est passé trois semaines depuis l'embuscade, c'est qu'il a fallu le temps d'organiser l'événement et qu'il a fallu s'assurer que, de la part des familles ou, au moins, des villes de garnison, il n'y a pas d'opposition à la multiplication des manifestations.

Que pensez-vous de la présence française en Afghanistan et des propositions de retrait de nos troupes ? >> Ce n'est pas directement lié à l'hommage que nous rendons, mais je pense qu'une grande puissance démocratique a le devoir de continuer à défendre ses valeurs.
Je ne rentre pas dans le débat de savoir si c'est la bonne façon de faire ou la mauvaise, ce n'est pas ma partie et ne me prononce pas, mais je trouve que la France a sa place en Afghanistan. Nous ne pouvons pas, il y a dix ans, dénoncer les talibans, la burqa, l'interdiction des livres...
et ne pas contribuer aujourd'hui à essayer d'éviter qu'ils ne reviennent au pouvoir. Je ne suis pas antimilitariste et le débat « bien-mené ou mal mené ?» ne remet pas en cause, pour moi, l'idée générale que la démocratie, la liberté, ça se défend et qu'il faut s'en donner les moyens. Malheureusement, le coût en vie humaine peut être élevé.

Qu'évoque pour vous la polémique née de la parution des photos des talibans dans Paris Match ? >> Je n'ai pas vu ces photos et je n'ai pas de jugement à porter sur la presse. Ceci dit, dans un système de concurrence, personne n'a à gagner à ne pas se donner de limites.
Ces photos sont douloureuses pour les familles des soldats disparus et, quelque part, faire parler d'eux, c'est ce que recherchent les talibans. Je ne dirais pas que je suis choqué, mais, sans vouloir donner de leçon, je ne trouve pas ça bien. • PROPOS RECUEILLIS PAR JULIEN GILMAN