ITER : une grande et belle victoire européenne !
La signature le 21 novembre 2006 à Paris, au Palais de l’Élysée, du Traité international ITER est une étape décisive dans un processus commencé en novembre 1985 lors du sommet de Genève sur proposition de l’Union soviétique et validé un an plus tard par l’Europe, le Japon et les États Unis sous l’auspice de l’AIEA (Agence internationale de l’énergie atomique).
Vingt et un an plus tard, la signature du traité par 7 puissances, l’Union européenne, la Russie, la Chine, les États Unis, le Japon, la Corée du Sud et l’Inde marque une belle victoire pour l’Union européenne qui a, depuis 1986, toujours été en pointe et qui recueille aujourd’hui les fruits de ses efforts avec la décision d’implantation d’ITER en Europe à Cadarache (France).
La phase de construction qui commencera en 2007 devrait s’achever en 2015-2017 avec la production des premiers plasmas.
La phase d’expérimentation – exploitation devrait durer jusqu’en 2040 avant de passer, si toutes les hypothèses sont validées, à l’exploitation commerciale vers 2050 date à laquelle le monde manquera d’énergie non polluante.
Rappelons en effet à ce stade de notre information que la consommation d'énergie dans le monde atteindra, en 2050, au moins 2 fois la consommation actuelle. L'épuisement des combustibles fossiles rendra indispensable le développement de nouvelles énergies qui devront satisfaire des critères économiques et prendre en compte des exigences d'environnement, de sûreté, de disponibilité des ressources. L'énergie de fusion répond de ces exigences.
Rappelons ainsi que pour produire de l'énergie, il faut
réaliser une transformation dans laquelle, entre l'état initial et l'état final,
un peu de la masse des corps en jeu a disparu.
Si on part du noyau d'un atome lourd (par exemple l'atome d'uranium) pour en
faire des atomes plus légers : C'est la fission.
Si on part de noyaux d'atomes légers (exemple le deutérium et le tritium) pour
construire des atomes plus lourds : C'est la fusion.
Le premier intérêt de la Fusion réside dans la
quantité d'énergie obtenue et dans la disponibilité des éléments employés,
l'hydrogène et ses isotopes.
A titre d'illustration, on peut estimer que la fusion du deutérium
contenu dans un litre d'eau de mer permettrait d'obtenir une énergie équivalente
à la combustion de 300 litres d'essence.
Par ailleurs, la fusion produit peu de déchets et la durée
de vie de ces déchets est courte.
Enfin, la fusion se contrôle à tout instant et ne présente aucun des risques de
la fission (il n'y a pas de réaction en chaîne).
En
conclusion, je redirai que notre Monde qui consomme aujourd'hui moins de
10 milliards de T.E.P à 90 % d'origine fossile passera à 20 milliards de
T.E.P. d'ici 50 ans.
C'est un enjeu planétaire majeur que de lui fournir cette énergie et donc un
enjeu qui exige une réponse elle-même planétaire sous l'impulsion de
l'Europe.
___________________________________________________________________
"Il est revenu le temps des cathédrales !” (les premiers bâtisseurs
savaient qu'ils ne verraient pas leur œuvre achevée… mais ils savaient
qu'ils devaient l'entreprendre)
Il est hautement symbolique de constater que c’est au cœur de la vieille Europe où fleurirent les cathédrales il y a plus de 8 siècles que va s’ériger cette nouvelle cathédrale dont dépendra largement l’avenir de notre espèce.
Gérard CAUDRON
Rapporteur du 6ème PCRD qui, dans sa dimension énergie conforta le choix d’ITER en 2001