Et si on semait à tous vents ?


 

Par Gérard CAUDRON

Ancien député Européen

1989-2004

Maire de Villeneuve d'Ascq

FRANCE


 


 

Après avoir, en mars 2001, décidé de ne plus être candidat au poste de Maire de Villeneuve d'Ascq pour me consacrer à mon mandat de député Européen,

après avoir, dès décembre 2001, décidé de quitter un parti socialiste qui, à l'instar des autres « grands partis » n'était déjà plus qu'une machine à gérer les postes de pouvoir,

après avoir fini, en 2004, le plus consciencieusement possible, mon travail de député Européen avec l'élaboration du 6ème PCRD,

après avoir essayé de continuer à défendre me idées, mes valeurs, et mes projets en dehors « des grandes machines politiques »,

j'ai préparé les élections municipales de mars 2008 à Villeneuve d'Ascq au nom d'une philosophie et d'une pratique acquises au parlement européen que j'ai ainsi résumé :

« il n'est pas nécessaire d'être d'accord sur tout

pour bien travailler ensemble au service de tous ! »


 

J'ai été élu très largement (contre l'UMP d'une part et l'appareil du PS d'autre part) et c'est donc à nouveau en tant que Maire de Villeneuve D'Ascq (étiqueté divers gauche) que j'ai, depuis mars dernier, entrepris de militer pour une autre société et pour une autre Europe, citoyenne, culturelle, humaine, sociale, solidaire... et politique.

 

La terrible crise mondiale actuelle et ses conséquences nous montrent, à la fois, que nous avons eu raison de construire l'Union de l'Europe avec l'euro, mais que l'Europe telle qu'elle est aujourd'hui, principalement financière, monétaire et technocratique, n'est pas celle qu'il nous faut... « pour faire face » aux graves conséquences de cette crise.

 

C'est pourquoi, je participerai très naturellement et avec pugnacité au débat des élections européennes en France, en particulier pour dire ce que je pense de ceux des députés européens français sortants qui n'ont pas fait leur travail et des candidats à cette élection qui, pour certains à droite, ne le sont que pour permettre un remaniement ministériel et qui, pour d'autres au PS, se verront simplement « récompensé » pour leurs choix lors du dernier congrès socialiste de Reims.

 

Oui vraiment, l'Europe et son parlement européen méritent mieux que ces ajustements politiciens internes à une vie politique française tellement éloignés des réalités européennes.

 

Mon expérience parlementaire, l'écoute citoyenne que me permet mon mandat de Maire d'une grande ville européenne de plus de 60 000 habitants et surtout ma foi européenne de toujours, me font et me feront « droit et obligation » de m'exprimer clairement et « sans langue de bois » dans cette campagne européenne.

 

C'est pourquoi, je l'écris aujourd'hui avant que cette campagne ne commence officiellement car il y a aussi beaucoup à dire sur les députés, les fonctionnaires, et tous les artisans de l'Europe qui à Bruxelles, à Strasbourg, à Luxembourg et ailleurs... font un travail TOUT A FAIT EXTRAORDINNAIRE !

 

Puisse mon pays, la France, comprendre enfin qu'on n'est plus dans les années 60, que l'engagement Européen doit remplacer « le verbe » et que donc les partis doivent choisir des candidats députés pour qui l'engagement Européen sera prioritaire.

 

En disant cela, c'est ce que j'appelle « semer à tous vents ».


 

Il y a longtemps que les militants d'une Europe Unie n'auront pas eu autant de responsabilités à l'heure des élections européennes après l'élection de Monsieur OBAMA, à côté d'une Russie avide de nouvelle puissance et au moment où la poudrière du Moyen Orient risque d'embraser le bassin méditerranéen... « et même pire »...